Feu d’artifice au Daytona 500

Encore un matin brumeux mais le temps d’aller au circuit ça se dissipe. Je fais le même chemin que l’an dernier, même parking, mêmes schoolbuses sur terre battue pour rejoindre le circuit.

Je rentre dans l’enceinte du circuit par la porte Toyota. Ce constructeur fait un investissement massif en NASCAR depuis plusieurs années et on est accueilli par une cascade de leurs anciennes voitures NASCAR.

Un peu déçu cette année car mon billet fanzone ne me permettait plus d’aller aux garages ni derrière les camions des équipes. On pouvait juste les voir depuis des terrasses. Je n’ai pu voir de près que quelques autos sur la ligne de départ et toujours sous le même angle.

3 modèles se partagent le plateau : Ford Fusion, Toyota Camry et Chevrolet Camaro cette année. Les 2 premières sont des berlines familiales de grande diffusion aux US, assez insipides, mais qui correspondent aux besoins marketing du constructeur sur le NASCAR. Je ne vous présente pas la 3ème, que Chevrolet a choisi cette année pour le représenter !

2017 Ford Fusion Sport
Toyota Camry

Les voitures n’ont d’origine que la ligne générale extérieure simplifiée et sont en fait construites à l’unité en partant de 0 par des spécialistes. De robustes châssis tubulaires remplacent les coques et les carrosseries ne sont que des peaux de polyester qui partent vite en lambeaux mais se rafistolent aux plaques souples adhésives ! Les moteurs sont des gros V8 d’environ 6 litres de cylindrée et 850 chevaux. Les vitres sont en plexiglas et rivées avec des raidisseurs pour ne pas se déformer. Sur le pare-brise les mécanos enlèvent des pelures successives pendant les ravitaillements.

On ravitaille beaucoup en NASCAR, les réservoirs sont limités et les pneus s’usent. La stratégie consiste à le faire au bon moment, spécialement pendant les drapeaux jaunes : on ne risque pas de perdre un tour et après on roule à fond pour recoller le peloton derrière pace-car. A ce jeu, certains bien placés dégringolent et d’autres qui avaient pris un tour le récupèrent. Joe Logano, un des favoris, s’est retrouvé 20ème à un tour, puis de nouveau en tête après des drapeaux jaunes.

Dans la fanzone il y a différentes animations et cette année étaient exposées des voitures gagnantes du passé, dans l’ordre :

  • La Mercury Cyclone de Cale Yarborough dont on parlait hier, vainqueur en 1968.
  • La Chrysler du roi Richard Petty frappée de son fameux no 43 et qui a gagné en 1971. Il n’y avait même pas d’appui tête, vous comparerez tout à l’heure avec les baquets de maintenant.
  • La Chevrolet Monte Carlo surnommée la « Tide Machine » de Darrell Waltrip qui a gagné en 1989 et marque l’arrivée massive des sponsors extra automobiles avec leurs peintures évocatrices.
  • La Chevrolet Monte Carlo de Jeff Gordon vainqueur en 1997.
  • La Chevrolet SS de Dale Earnhardt Jr vainqueur en 2014.

Quelques vues de la fanzone avec les luxueux camions climatisés des équipes, les stands de ravitaillement, le virage 1 où le public écrit son nom sur la ligne de départ et où on voit les traces de donuts des vainqueurs de la semaine, les pelouses en partie peintes, le défilé des pompiers qui éteignent le feu, du camion de bière Busch qui éteint la soif, tout un folklore américain…

Les voitures sont rangées au départ dans leur ordre de qualification :

Par contre j’ai pu aller au hall Chevrolet qui expose sa gamme et surtout une Camaro V8 de série et une Camaro NASCAR côte à côte. Il faut s’inscrire sur une tablette pour obtenir un t-shirt Camaro mais comme je suis français on m’en donne un spontanément avec le sourire. La Camaro ZL1 qui doit remplacer la Camaro SS (V8) a en effet été choisie par Chevrolet pour représenter la marque en NASCAR en 2018.

En voici quelques détails :

  • Le siège enveloppe complètement le pilote, tête et jambes, afin de le maintenir dans les crashes. De son temps Richard Petty n’avait même pas d’appui tête !
  • Les trous dans la custode servent à passer des manivelles lors des arrêts au stand pour régler les suspensions. Les voitures ne tournent qu’à gauche sur un ovale et chaque roue à son réglage spécifique en pincement et carrossage. De plus la voiture peut être surélevée pour les déplacements ou manœuvres dans le paddock. Les fonds sont plats et en course elle touche presque par terre de sorte que si elle sort elle tond la pelouse et jardine !
  • Le pilote est enfermé dans une robuste structure tubulaire indestructible.
  • Vitres en plexi rivées avec des raidisseurs pour éviter leur déformation. Ces espèces de contacts électriques sur la vitre droite je ne sais pas ce que c’est. Ils ne sont pas du côté des stands. Peut-être de la télémétrie pour le chronométrage et le classement ?
  • Une caméra sur le toit. Il y en a aussi dans la voiture.
  • Les trappes qui s’ouvrent avec le vent quand la voiture se met en travers ou en marche arrière, pour la ralentir.
  • Tous les détails de feux ou d’échappement sont des autocollants. La protubérance serait, d’après le québecquois rencontré le lendemain, un radar de mesure de vitesse sol car la vitesse de pointe est limitée. Avec 850 chevaux elles pourraient monter à 400 km/h et alors il faudrait freiner pour prendre les virages.
  • Cette année sont apparus sur toutes les voitures ces curieux déflecteurs verticaux, uniquement du côté gauche. Je pense qu’ils aident à la stabilité de la voiture à haute vitesse quand elle menace de partir en travers. Le québecquois rencontré le lendemain me dit aussi qu’elles stabilisent la voiture dans les pelotons où l’air est perturbé par le voisinage, surtout depuis que les gardes au sol ont été rabaissées.
  • La trappe automatique de ravitaillement par gravité.

Ils exposent aussi une Chevrolet Corvette 2018 jaune et noire et cette Firebird 1 de 1954. Construite par General Motors, c’était un des concept cars de l’époque destinés à essayer de nouvelles technologies, ici une turbine d’avion ! Personne n’a poussé cette voiture en vitesse de pointe tant elle ne tenait pas la route !

Sur un podium trône la Ford no 41 de Kurt Bush qui a gagné l’an dernier, dans son jus à l’arrivée, sérieusement marquée de tous les côtés. Pour mémoire elle avait gagné en menant un seul tour, le dernier !

Je me dirige vers ma place en tribune pour le départ. Cette année crème solaire et foulard autour du cou m’éviteront les morsures du soleil car il s’agit de passer plus de 4 heures assis là.

Tout le monde se lève et se découvre pour le discours du pasteur qui évoque la tuerie récente dans une école de Floride. Ensuite c’est l’hymne national ponctué d’un passage de la patrouille de F16 vue hier et le traditionnel « Drivers start your engines » est lancé. C’est Charlize Théron qui a donné le départ toujours très impressionnant avec les 40 voitures en paquet.

La course

Il y a 200 tours à courir et depuis l’an dernier je crois la course se joue en 3 segments, le leader des 2 premiers segments marquant des points au championnat. Ensuite on redonne un départ groupé. Cela rajoute de l’animation si besoin était car cette année a eu son lot de crashes et un final étincelant à la nuit tombante.

Je suis face au début des stands, devant celui de la 12 du Penske Racing longtemps en tête, et je vois rentrer des autos en piteux état que les mécanos arrivent pourtant à faire repartir sous l’œil des commissaires casqués et habillés comme des cosmonautes.

Je vois tout le circuit et bien sûr tous les accidents aussitôt retransmis sur l’écran géant en face de moi.

Quand je vous disais hier qu’il y a des femmes mordues de NASCAR, celle-ci était particulièrement agitée ! Elle s’est calmée quand son pilote favori a disparu de la circulation.

A 20 tours de la fin les voitures étaient en procession en file unique et rien ne bougeait depuis de nombreux tours. À Daytona, piste très rapide, c’est comme en vélo, faut rouler groupés. Si tu sors devant tu prends de la traînée aérodynamique, tu consommes plus, tu uses tes pneus plus vite et les autres sont plus rapides en peloton et te rattrapent. Il faut donc être patient, économiser pneus et carburant pendant 198 tours, passer au travers des crashes sur une piste très accidentogène pour être au top dans les 2 derniers tours.

2 Ford du Penske Racing, une riche écurie majeure du championnat, la 12 et la 22,  semblaient donc avoir la situation bien en mains en tête de la colonne, avec des favoris au volant. Mais le calme n’existe pas longtemps en NASCAR et on se disait que ça n’allait sûrement pas finir comme une banale course de F1.

A 10 tours de la fin un attardé éclate un pneu tout seul dans son coin mais provoque un drapeau jaune et un regroupement général.

Nouveau restart et voici la no 41 de Kurt Bush qui pensait refaire le coup de l’an dernier et qui tente de déborder les leaders à 2 tours de la fin. Mais il se fait pousser, part à l’équerre, tape le mur et sème la panique dans le peloton, envoyant un paquet d’autres favoris au tapis dans un gros crash étoilé, un big one comme ils disent, avec les étincelles à la nuit tombante !

Du coup les 200 tours sont bouclés sous feux jaunes mais dans ce cas il y a overtime et on redonne dès que possible un nouveau départ groupé pour 2 tours ! Tout le monde est debout dans les tribunes ! Au micro les mots favoris du speaker sont side by side, contact, trouble et restart. Le numéro 10 sur Ford se présente en tête au drapeau blanc du dernier tour mais le no 3 sur Camaro le pousse gentiment et il perd sa voiture au virage 2, nouveau feu d’artifice général ! Il ne reste qu’un virage et le no 3 l’emporte, tandis que le 2ème et le 3ème se frottent énergiquement. Un pilote sur lequel personne n’aurait parié, gagne sur … une Chevrolet Camaro 😊 Comme l’an dernier le vainqueur n’aura été leader qu’au dernier tour ! Au fait il s’appelle Austin Dillon et même moi qui suit un peu n’en avait jamais entendu parler ! Une autre Camaro est 2ème, la 43 du team Richard Petty, une Toyota 3 et Ford 4 avec l’un des favoris, Joe Logano encore battu.

Tous les crashes du jour :

Comment Austin Dillon a gagné :

Danica PatrickQuant à Danica Patrick, seule femme du plateau et qui faisait sa dernière course NASCAR, elle naviguait en milieu de peloton avec sa belle voiture jaune, là où on est sûr d’avoir des ennuis, et elle a été prise dans un crash, comme l’an dernier ! Pour la petite histoire elle pilotait une … Camaro bien sûr et était sponsorisée par GoDaddy (certains comprendront…) un fournisseur d’accès Internet. On la voit ici se prendre une autre voiture plein face dans un freinage désespéré et finir dans l’herbe. Pour la petite histoire encore, son compagnon court aussi en NASCAR et elle lui est déjà rentrée dedans !

En tout cas, le NASCAR c’est vraiment un des sports américains les plus typiques, populaire, spectaculaire, aux règles compliquées favorisant les arrêts de jeu pour passer les écrans publicitaires à la télé et permettre au public d’aller se ravitailler en burgers, hot-dogs, bière et coca, comme le base-ball ou le football américain…

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